
La Passion de Jeanne d'Arc
1928
La Passion de Jeanne d'Arc
1928
GO VF
Films & Séries en français
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Acteur·rice · Paris, France
Paul Maurice Schutzenberger, dit Maurice Schutz, est un comédien français, né le 4 août 1866 dans le 6e arrondissement de Paris et mort le 22 mars 1955 à Clichy (Hauts-de-Seine). Fils d'un professeur au Collège de France et membre de l'Institut, d'origine alsacienne, Maurice Schutz fut élève au lycée Henri IV. Il entra au Conservatoire dans la classe de Got, jouant parfois la pantomime avec Félicia Mallet et Michel Carré. Il se flatta par la suite d'avoir, à cette époque, fondé le Stade français avec Rodolphe Darzens. En sortant du Conservatoire, Maurice Schutz appartint pendant quatre ans à la troupe de l'Odéon (direction Porel), après quoi il passa par les Variétés, le Théâtre Sarah-Bernhardt. Il était déjà un comédien chevronné quand il pensa avoir épuisé les bonheurs de la scène et changea de métier, On retrouva Maurice Schutz éleveur en Normandie, puis rédacteur parlementaire à l'Agence Havas. C'est apparemment en 1910 qu'il reprit son métier d'acteur, mais d'abord au cinéma. Parfois anonymement au début, il interpréta de très nombreux rôles, en particulier pour Pathé et la SCAGL, dirigé par Denola, Daniel Riche, Le Forestier, Kemm Garbagni (des Nick Winter), Capellani, Plaissetty, Leprieur. Il s'aventura même dans le comique. A l'approche de la cinquantaine, rides profondes et clair regard de glace, Maurice Schutz arborait déjà le visage qui serait le sien trente ans plus tard dans l'« Empereur» de Goupi Mains-Rouges. Ses compositions furent saisissantes, dès le vieux prêtre réfractaire de Quatre-vingt-treize. Il joua encore sur scène, au Vaudeville notamment. Après la guerre, grandiose chevalier barbu dans Prisca, spécialiste des patriarches à la conscience limpide (Gossette) et hiératique Jean Chouan, il semblait à Louis Delluc «dessiné par Gustave Doré». Au naturel son visage exprimait tant, que Schutz n'avait qu'à apparaître, en se gardant de toute mimique, notamment dans le solennel rôle-titre de Jean Chouan. Il s'amusa pourtant récréation sans lendemain à composer une très vieille sorcière chiromancienne dans Le Voyage imaginaire de René Clair. Dans Le Juif errant en 1926, il fut un redoutable d' Aigrigny, chef des Ardents, sans l'ombre d'une grimace sur son faciès minéral. C'est dans La Passion de Jeanne d'Arc que Dreyer, virtuose des gros plans, exploita le plus somptueusement le masque de Schutz, lèvres minces et iris transparents, Loyseleur définitif, peu avant la naissance du parlant qui donnera au même Dreyer l'occasion d'intégrer le comédien chenu, châtelain de cauchemar, l'angoissant climat de Vampyr (1931). Semblant depuis toujours plus âgé qu'il n'était vraiment, il continua de traverser le temps, incomparable centenaire de Goups Mains-Rouges (Becker 1942), indomptable vieux comte de La Grande meute (Limur 1944). Le cabotin hors d'âge de Miquette et sa mère (Clouzot 1949) offrit à Maurice Schutz la chance de pouvoir se caricaturer lui-même avec humour. Il n'avait «que» 86 ans quand il resurgit en 1952 dans une œuvrette de Marc Allégret, Mademoiselle et son revenant, peu avant de prendre congé.

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